En attendant l’an 2000 – Catherine Humbert

Le passage à l’an 2000 a été comme un poulet auquel on aurait coupé la tête, quand son corps continue à courir alors qu’il est déjà mort. Le monde s’est arrêté mais a poursuivi sa course encore un peu, à fond les ballons, jusqu’à rentrer dans le mur.

En attendant l’an 2000, Catherine Humbert
Editions MediaPop, octobre 2021

Présentation éditeur :

Vous rappelez-vous de votre amour perdu ?
Cherchez bien, vous en avez forcément un, tapi au fond de votre mémoire ; un désir violent dont rien ne pouvait vous détourner, réduit à des heures à attendre et à espérer. Florent n’a pas oublié le sien. Adolescent à l’aube de l’an 2000, il partage sa vie entre le lycée et son groupe de rock. Le soir du réveillon, le destin met sur son chemin Igor Hagard – rocker désabusé ayant connu la gloire dans le passé – et sa provocante nièce Magalie. Sur fond de guitare électrique, cette dernière sème la graine d’une passion amoureuse qu’il vivra en solitaire et qui éclora des années plus tard. Entre souvenirs, coïncidences et grandes espérances, jusqu’où ira-t-il dans la poursuite de cet idéal ?

***

Vous étiez où, vous, en attendant l’arrivée de l’an 2000 ?

C’était décidé, il allait se retaper un peu et croire en cette nouvelle chance, et si ce n’était qu’un rêve, tant pis. Rêver, c’est toujours ça de pris. Il retourna le sous-bock de sa bière pour y noter son numéro. Igor Hagard n’attendrait plus jamais l’an 2000.

Florent, lui, est lycéen et habite à Louzon, une petite bourgade en région parisienne. Il fait partie d’un groupe de rock et sort avec Valentine, une fille de son lycée. Le soir du réveillon de l’an 2000, sans grande conviction, il rejoint ses amis au Dauphin, le bar tabac du village. Ce soir-là, un concert y est donné, Florent va y faire des rencontres qui vont changer le cours de sa vie. En effet, l’an 2000 est une année charnière dans la vie de Florent, elle marque la fin des années lycée et surtout sa rencontre avec Magalie, la nièce d’Igor Hagard le rockeur célèbre.

Magalie devient alors son obsession, sa vie sera dorénavant axée sur cette fille qu’il n’arrive pas à oublier. En a-t-il envie d’ailleurs ? Magalie devient le maître mot de sa vie.

Magalie voulait être importante. Obstinée par son appétit de gloire, elle ne soupçonnait pas qu’un homme franc, fidèle et prêt à lui dévouer sa vie, la considérait bien au-delà des apparences. Pour Florent, elle n’était pas importante : elle était essentielle.

En attendant l’an 2000 est construit tel un vinyle, avec deux parties, la face A et la face B , les titres des chapitres comme des titres de chansons. La face A c’est le passage à l’an 2000 et les mois suivant. La face B c’est après, au gré des rencontres plus ou moins fortuites avec Magalie, et Igor.

Les micros de la Stratocaster, posée sur les genoux d’Igor, brillaient dans l’atmosphère feutrée de la salle à peine éclairée. Il les contemplait. C’est fou, l’amour qu’il vouait à cette guitare.

Les personnages évoluent au fil des pages et des rencontres. Il faut parfois provoquer le hasard pour avancer et c’est ce qui constitue le point fort de ce roman. Peut-on vivre dans la quête de retrouver son idéal de jeunesse ? Ou vaut-il mieux avancer et suivre le fil de sa vie ? Jusqu’où ira Florent pour l’amour de Magalie ? Vous n’êtes pas au bout de vos surprises !

Ce rendez-vous était la chance de sa vie et il ne le manquerait pour rien au monde. Il se réjouissait de revoir Igor Hagard par la même occasion. L’an 2000 n’avait décidément pas dit son dernier mot.

Je ne vais vous cacherai pas que j’ai été l’une des premières lectrices et relectrices de ce roman. Je l’ai découvert en avant-première. Je l’ai tout de suite aimé, mais moins que A nous deux l’avenir était promis, son premier texte. Sans doute parce qu’il ne m’a pas provoqué autant d’émotions. Mais ce sont deux textes à portée différente, et Catherine a très bien réussi cet exercice du premier roman. Il est très abouti. Et si vous décidez de le lire, vous verrez le fil conducteur. Rien n’est laissé au hasard dans ce roman !

Catherine Humbert nous livre ici un premier roman incisif. Sa plume est toujours très sensible et poétique, très « Catherine ». C’est un plaisir de retrouver cette écriture originale et les allusions à notre jeunesse, nous enfant des années 1980.

Car, on y retrouve les kobby, l’Eau Jeune, les publicités pour des marques de lessive, cela rappelle des souvenirs, c’est très agréable même si c’est moins le sujet que dans son premier livre.

En bref, un premier roman très rock n’roll à lire en écoutant de la guitare électrique, un texte à l’intrigue originale. En attendant l’an 2000, c’est un roman rock, original et rythmé, un peu déjanté parfois aussi. Roman d’un amour passionnel et solitaire, c’est un texte où le hasard côtoie les souvenirs et la nostalgie.

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Retrouvez mon avis sur A nous deux l’avenir était promis ainsi que linterview de Catherine Humbert réalisée en 2018.

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