La Belle est la Bête – Floriane Joseph

En cet instant où les cavaliers noirs faisaient voler la poussière et où tous les cœurs étaient tendus vers elle, la princesse rebelle ignorait que tout un royaume retenait son souffle, tenu en suspens par la capacité de son cœur à battre encore, juste une pulsation de plus… Autrement, l’aurore ne reviendrait jamais.

La Belle est la Bête, Floriane Joseph
Editions Frison-Roche – Belles Lettres

Présentation éditeur :

La Belle est la Bête est le récit d’une quête et l’histoire d’une femme. Un jour de grand soleil, la princesse Leïla est défigurée à l’acide par un inconnu, un jeune homme ayant fréquenté les factions extrémistes aux confins des terres gardées par le sultan. Ce dernier met tout en œuvre pour sauver sa jeune fille et rassurer son peuple, qui se lance tout entier à la recherche de celui qui est rapidement qualifié de terroriste. Le royaume entier tremble devant la violence de cette attaque. Pourtant, la princesse Leïla se relève. Dès lors, elle décide de continuer à honorer les nombreux bals du royaume de sa présence. Chaque danse est l’occasion de faire fleurir sur ce visage encore non apprivoisé des masques toujours plus somptueux, chaque fois plus grandioses. Autant de couleurs pour se composer une nouvelle identité… De palais en déserts, ce conte pour adultes mêle la politique à l’amour. Le terrorisme s’insinue dans un univers chatoyant, la réalité la plus cruelle côtoie un réalisme magique. Un conte moderne aux accents orientaux, où les femmes sont fortes et les royaumes imparfaits, où les monstres sont humains et où les hommes vont de valse en déchirure, dans une quête éperdue de beauté, de libertés et de sens.

***

Dans un royaume à la localisation inconnue, l’une des filles du sultan, la princesse Leïla est dans le coma. Un inconnu l’a attaquée à l’acide, son visage est brûlé, elle est défigurée. Commence alors pour Leïla une longue résilience, un chemin vers l’acceptation de sa nouvelle apparence par elle-même et aussi par les autres. Comment faire pour apprivoiser son nouveau visage ? Comment faire pour que le regard des autres ne l’atteigne pas ?

Comment tombe-t-on amoureux d’une femme défigurée ? Peut-on aimer sans visage ? Si on lui avait laissé un masque lisse et blanc, sans lèvres, sans nez, où tout aurait été à réinventer, aurait-ce été mieux ou pire que ce visage déformé au grotesque ? On dit que le physique n’est pas tout. On dit les passions communes, les défauts qui rendent uniques, les moments partagés, la voix… On dit que l’amour est aveugle. On dit beaucoup de choses. Si les rôles étaient inversés, pourrait-elle aimer quelqu’un avec un tel visage ? Elle ne savait pas. Alors elle pleurait, un bras autour d’une colonne.

La Belle est la Bête est tel un conte initiatique : le temps d’après l’attaque à l’acide est long. Il faudra franchir les étapes vers une nouvelle vie, une nouvelle liberté, avec un nouveau visage. Un chemin semé d’embûche et d’apprentissage sur soi-même et sur les autres.

Tu verra mon visage. Tout le monde le verra. Il ne me faut que du temps. Il y a des choses que je dois faire avant, seule.

Car au début, elle est effrayée par sa nouvelle apparence, elle pleure, pense qu’elle ne pourra plus vivre comme avant. Sa plus jeune sœur est très choquée également.

Mais le personnage de Leïla est un personnage très fort, plein de courage. Par la force des choses mais aussi dans son caractère propre. C’est un personnage qui sait que pour atteindre son objectif, il faudra faire preuve de patience. Leïla est une jeune femme qui se laisse porter par ses envies, expérimente, n’a pas peur de se tromper. Elle ne se laisse pas abattre, on aimerait toutes avoir une part de Leïla en soi. Un vrai modèle de volonté.

Tout est à écrire, alors. Soyez plus forte que les barbares qui ont voulu vous briser, plus forte que les habitants qui vous réduisent à un fantasme, plus forte que les siècles qui vous ont tue et tuée de n’être pas la femme Belle, comme seule elle était permise. Soyez la princesse la plus monstrueusement belle de l’histoire !

Les décors orientaux de ce roman donnent une dimension lointaine et dépaysante à ce roman qui creuse et explore en profondeur les différents aspects d’une reconstruction physique et psychologique.

Le terrorisme se mêle à ces décors somptueux. La réalité tragique et politique rattrape la beauté colorée et fleurie des lieux décrits. Du palais du sultan au désert, on voyage en compagnie de Leïla, mais toujours sur nos gardes.

La plume de Floriane Joseph est sensible et délicate, poétique aussi. Elle nous raconte l’histoire de Leïla comme si c’était un conte des mille et une nuits. Un conte extrêmement cruel mais toujours plein d’espoir, et surtout qui porte un vrai message de liberté. Un conte dans lequel le monstre est humain, et la princesse une femme ordinaire et en même temps exceptionnelle.

En bref, un roman construit à la manière d’un conte mais qui décortique le regard des autres et le regard que l’on porte à soi-même dans un décor lointain et quelque peu onirique sur fond de terrorisme. Un livre original que j’ai lu presque d’une traite.

Je recommande ce premier roman de Floriane Joseph, il est empreint d’une très grande beauté et d’un beau message.

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