Le petit garçon qui voulait être Mary Poppins – Alejandro Palomas

L’esprit humain est à l’image de la vie: un labyrinthe qui révèle parfois de celui qui s’y perd des choses qu’il n’aurait jamais imaginée.

Le petit garçon qui voulait être Mary Poppins, Alejandro Palomas
Editions du Cherche-midi, 2020
Traduction de l’espagnol : Vanessa Capieu

Présentation éditeur :

C’est l’histoire d’un petit garçon débordant d’imagination qui voue un amour sans bornes à Mary Poppins.
L’histoire d’un père un peu bougon, qui vit seul avec ce fils sensible et rêveur dont il a du mal à accepter le caractère.
D’une institutrice qui s’inquiète confusément pour l’un de ses élèves qui vit un peu trop dans ses rêves.
D’une psychologue scolaire à qui on envoie un petit garçon qui a l’air d’aller beaucoup trop bien.

Quel mystère se cache derrière cette apparence si tranquille, et pourtant si fragile ?
Un roman choral aussi tendre que bouleversant, qui emprunte à l’enfance toute sa sincérité désarmante pour dire l’amour, le vide, le rêve et la puissance de l’imaginaire.

Après Une mère et Tout sur mon chien, Alejandro Palomas nous surprend encore avec cette histoire qui peut faire penser à Extrêmement fort et incroyablement près de Jonathan Safran Foer, tant elle est hors norme.

***

Le petit garçon qui voulait être Mary Poppins c’est Guillermo, neuf ans. Guille est un petit garçon solitaire et très sensible qui vit seul avec son père. Sa mère est absente, partie. La situation est finalement assez floue.

Sa maîtresse commence à s’inquiéter le jour où à la question « quand je serai grand, je voudrais être… » il répond qu’il voudrait être Mary Poppins. S’ensuivent des rencontres avec la psychologue scolaire., moments pendant lesquels Guille s’exprime beaucoup par dessins.

Guille tirait son père. Mais pas comme le fait un enfant qui devance l’adulte parce qu’il est impatient, ou excité, ou parce qu’il est pressé de rentrer chez lui. Non, Guille tirait son père comme un petit remorqueur tracte un navire épuisé et à la dérive pour le ramener au port. Comme on tire un poids mort, ai-je pensé, très précisément. En les regardant de la fenêtre, j’ai soudain compris que Sonia avait vu juste et que son intuition ne l’avait pas trompée : il y avait bel et bien un iceberg et la gaieté affichée de Guille n’en était que la partie visible.

Le petit garçon qui voulait être Mary Poppins est un roman chorale. Tour à tour on écoute Guille, son père, sa maîtresse d’école et la psychologue scolaire. On écoute leur point de vue sur le comportement de Guille. Guille qui souffre de l’absence de sa mère, mais encore plus de la tristesse et du désespoir de son père. Guille est un enfant mature, qui a grandi plus vite qu’il n’aurait dû, un enfant doté d’une grande sensibilité qui maintient son père debout.

Alors Guille se réfugie derrière Mary Poppins qui lui rappelle sa maman et le rassure dans son quotidien. Car Mary Poppins est une magicienne de la vie. Avec elle, même la pluie pourrait se transformer en soleil. Avec elle, tout est possible et sans limite.

Et tu voudrais être Mary Poppins pour quoi d’autre, encore ?
– Ben… Parce qu’elle a un parapluie qui parle et une vieille valise pleine de meubles gratuits… et des pouvoirs comme de faire que les tiroirs se rangent tout seuls…

J’ai beaucoup aimé ce roman, du titre, à la couverture poétique ornée de papillons multicolores, La plume d’Alejandro Paloma est simple mais entraînante. Les mots sont touchants. On tourne les pages, et on avale les quelques 220 pages. Pour ma part, j’ai lu ce court roman en une petite soirée. Je ne pouvais pas attendre pour connaître la fin.

La vérité. C’est si vrai ce qu’on dit. Quand on cherche la vérité depuis longtemps, c’est le jour où on la découvre enfin qu’arrive le plus difficile : savoir quoi en faire.

Ma rencontre avec Guille a été un moment plein d’émotions. Sa joie de vivre, sa maturité malgré la situation, son insouciance et son humour sont une belle leçon de vie. J’ai refermé le roman les larmes aux yeux.

En bref, le petit garçon qui voulait être Mary Poppins est un petit livre bouleversant. Une sorte de conte moderne qui mêle tendresse et sensibilité, gravité et pudeur : la magie de l’enfance confrontée à la réalité de la vie.

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