Un poisson sur la lune – David Vann

Par le passé, le suicide était considéré comme un crime. C’est peut-être encore le cas. Ce qui est drôle, vraiment, puisque le coupable ne peut jamais être traduit en justice.

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Un poisson sur la lune, David Vann, Editions Gallmeister, février 2019
Traduction : Laura Derajinski

Présentation éditeur :

“ Les gens seraient-ils en réalité tous au bord du suicide, toute leur vie, obligés de survivre à chaque journée en jouant aux cartes et en regardant la télé et en mangeant, tant de routines prévues pour éviter ces instants de face à face avec un soi-même qui n’existe pas ? ” 
Tel est l’état d’esprit de James Vann lorsqu’il retrouve sa famille en Californie – ses parents, son frère cadet, son ex-femme et ses enfants. Tous s’inquiètent pour lui et veulent l’empêcher de commettre l’irréparable. Car James voyage avec son Magnum, bien décidé à passer à l’acte. Tour à tour, chacun essaie de le ramener à la raison, révélant en partie ses propres angoisses et faiblesses. Mais c’est James qui devra seul prendre la décision, guidé par des émotions terriblement humaines face au poids du passé, à la cruauté du présent et à l’incertitude de l’avenir.

David Vann revisite son histoire familiale et réussit une confession spectaculaire, mêlant subtilement réalité et fiction pour livrer une implacable réflexion sur ce qui nous fait tenir à la vie.

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Merci à LéaTouchBook et son Picabo River Book Club ainsi qu’aux éditions Gallmeister pour cette lecture.

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Coup de coeur

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Un poisson sur la lune, c’est un livre entre réalité et fiction. David Vann nous parle de son père, Jim.

Jim est un être torturé. Il souffre. Beaucoup. Trop.

Trop pour vivre. Trop pour profiter du moment avec ses enfants. Trop pour aimer. Trop pour s’aimer lui même. Rien ne le raccroche à la vie, il ne pense qu’à en finir. Il imagine plusieurs scénarios.

Aucune limite à l’obscurité en nous, absolument aucune limite. Vaste et méconnue, inexplorée. Mais il va l’explorer maintenant, du moins va-t-il essayer. Il tend les bras et tourne sur lui-même, il glisse et descend, il essaie de tout ingérer.

En compagnie de son frère, il va chez son psychiatre, rend visite à son ex-femme et à ses enfants, à ses parents, aux lieux qu’il aimait, avant. Avant la dépression.

On ressent l’incompréhension de ses proches. On ressent sa détresse, son mal-être. Il a touché le fond. Il n’arrive même plus à être agréable avec ceux qu’il aime. Il veut juste que ça s’arrête. Sa seule obsession, c’est la fin. Sa fin.

Rêvant de s’échapper, sans comprendre encore qu’on ne peut jamais s’échapper tant qu’on respire encore.

Tout le long du texte, on attend, on oublie de respirer. Jusqu’à la dernière ligne, on ne sait pas ce que fera Jim.

La fatalité. Difficile de savoir si elle existe vraiment, mais on la sent parfois au moment même où elle intervient. Quand trop de poids s’est amassé.

C’est court, mais c’est éprouvant. C’est tellement d’émotions. C’est tellement d’impuissance aussi. C’est sombre. C’est obscur. On attend la lumière. La petite lueur d’espoir.

J’ai lu ce livre juste avant sa sortie. Il m’a bouleversée. Renversée. Mon coeur a chaviré. Des souvenirs sont remontés à la surface et m’ont remuée. Une vraie tempête pour la bretonne que je suis. J’ai eu beaucoup de mal à écrire ce très court ressenti…

Mais surtout, à la fin de cette lecture, j’ai envie de vous dire de profiter de la vie. Chaque instant avec vos proches est précieux, tout peut s’arrêter d’une seconde à l’autre. Trop vite. On n’a qu’une seule vie.

Un poisson sur la lune, c’était  ma première expérience avec David Vann. Une rencontre fracassante autant qu’inoubliable. J’ai découvert une très belle plume. Une écriture percutante. Ses mots resteront encrés en moi, indélébiles.

Un poisson sur la lune est un texte qui m’a marquée, dont j’ai du mal à me relever presque deux semaines plus tard. L’impression d’être passée sous un rouleau compresseur. C’est un texte que je relirai. Plus tard. A un autre moment de ma vie.

J’admire juste la beauté de cet arbre et je me demande pourquoi il a de la peau comme nous. Et pourquoi le ciel n’a pas de peau.

 

 

3 commentaires sur « Un poisson sur la lune – David Vann »

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