La symphonie du hasard, livre 3 – Douglas Kennedy

Tout le monde dissimule quelque chose. Tout le monde ment, à sa manière. Tout le monde a des secrets. La transparence est un mythe, un conte de fées. Surtout dans un couple, et à plus forte raison encore dans une famille. Personne ne dit jamais l’entière vérité, parce que personne ne le peut, et qu’il ne faut pas le faire. L’immense majorité d’entre nous en est encore à résoudre l’infini mystère de sa propre personnalité.

la symphonie du hasard 3

La symphonie du hasard, livre 3, Douglas Kennedy, Belfond, 2018

Présentation éditeur :

Après la découverte d’Alice et de sa famille dans le Livre 1 et l’escapade irlandaise du Livre 2, Douglas Kennedy nous ramène aux États-Unis dans le Livre 3, entre New York et Boston, sur les traces d’une Alice dévastée, en quête désespérée d’une forme de sérénité.
Sous le choc du drame advenu à Dublin, Alice est rentrée aux États-Unis. En rupture avec sa mère, elle quitte la maison familiale et trouve refuge dans le minuscule appartement de son ami Duncan à New York. L’heure est à la résignation : elle accepte un poste d’enseignante dans une petite université progressiste du Vermont et multiplie les allers-retours à New York. Retrouver le goût des autres, simplement de la vie, c’est tout ce qu’elle cherche.
Mais comment trouver la paix dans une période où tout n’est que changement ? Il lui faudra un dernier choc, esthétique, naturel, fondamental, pour réaliser que la vie est une succession d’incertitudes, une symphonie du hasard qui vaut le risque d’y prendre part.

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Retrouvez mes avis sur les deux premiers tomes :
La symphonie du hasard, livre 1
La symphonie du hasard, livre 2

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J’avais lu le premier tome en début d’année dernière, et j’avais attendu septembre dernier pour lire le deuxième… Je m’étais alors dit que je n’attendrais pas autant pour lire le troisième… Mais le temps a encore passé, et c’est ma mère qui m’a offert finalement à Noël ce dernier tome.

J’ai donc ouvert ce troisième tome de La symphonie du hasard avec grand plaisir et surtout une grande attente. Le deuxième tome nous laissant sur un drame, il me tardait de connaître la suite.

Dans ce troisième volet, nous retrouvons Alice de retour aux Etats-Unis après une année passée en Irlande et qui s’est achevée sur un drame. Elle souffre d’un choc post-traumatique, mais pour s’en sortir, et penser à autre chose, elle décide de poursuivre ses études. A l’issue de celles-ci, elle accepte un poste de professeure dans une université, loin des grandes villes. Elle a besoin de tranquillité pour réapprendre à vivre. Ces quelques années au calme lui permettent de se retrouver et lui redonnent l’envie de retourner à New York pour enfin se lancer dans le monde de l’édition.

Les situations comme ça, ça te prouve bien que, dans la vie, il y a ceux qui survivent à une vraie tragédie et ceux qui se laissent abattre par une flaque d’eau.

Parce qu’au début de ce tome, Alice va mal. Le traumatisme des évènements irlandais est fort, alors elle trouve refuge dans ses études, puis dans son emploi d’enseignante. Aimer à nouveau, et s’abandonner lui fait très peur. Elle préfère alors une relation sans engagement. Le temps l’aide à se reconstruire, mais elle reste sur la défensive. Le stress post-traumatique est toujours présent et très profond. Un petit bruit peut la faire sursauter et paniquer. Elle ressent un grand vide au fond d’elle, et parfois l’envie de ne plus exister.

Ce requin, dans le film… C’est le chagrin que je ressens tous les jours. Il fait des cercles autour de moi, il est de plus en plus menaçant. Et puis il passe à l’attaque, et m’arrache un morceau de chair, mais sans me tuer pour autant. Ce qui n’est pas tout à fait une bonne chose, parce qu’une grande partie de mon esprit n’a plus envie d’exister.

Douglas Kennedy continue de faire évoluer ses personnages et la famille Burns plus particulièrement. Les liens entre les membres évoluent, Certains préféreront l’honnêteté et trahiront publiquement les autres. Cela pose une question fondamentale : par amour pour sa famille, doit-on taire la mauvaise conduite d’un des nôtres, ou au contraire, la morale passe-t-elle avant ?

Quand tu auras des enfants, tu comprendras très vite que tu ne peux pas t’empêcher de leur faire du mal. Parce que tout ton foutoir se mêle à leur innocence initiale pour former leur propre foutoir, et tu passes l’essentiel du restant de ta vie à regretter ce que tu leur as transmis. La famille est un foutoir, mais c’est notre foutoir. C’est peut-être un peu maladroit comme manière de te demander pardon, mais…

Confiance, mensonges, secrets, dissimulations, trahison, la famille Burns passe par toutes ces phases. La famille se disloque, petit à petit. Et finalement, il se dégage une grande solitude pour chacun des membres…

Il n’y a pas pire endroit qu’une famille mal assortie pour se sentir seul.

Dans ce troisième tome le sida est aussi un élément important. Le monde artistique et littéraire new-yorkais est touché. Il y a de plus en plus de malades dans l’entourage d’Alice, et pour l’instant on ne sait pas encore à propos de cette maladie.

Si ce troisième tome n’a pas été mon préféré, j’ai quand même beaucoup apprécié cette lecture. Douglas Kennedy sait si bien dresser le tableau de la société américaine. Mais surtout, je me suis vraiment attachée au personnage d’Alice. Au fil des trois tomes, j’ai aimé sa force de caractère, ses convictions. Elle est pour moi une femme moderne, indépendante qui n’a pas besoin des autres pour exister et être elle-même. Elle est aussi une femme de passion, elle suit ses intuitions et cela est primordial dans son métier.

C’est ce qui fait de nous des êtres humains : on ne se comprend jamais complètement soi-même. C’est ça, l’ombre : la confusion qui règne en nous.

Ce dernier volet se termine avec une mention « à suivre« … Je ne sais pas ce que cela nous promet, mais il me tarde de lire la suite. J’ai  tellement envie de continuer à suivre Alice dans sa vie ! Je ne peux pas la laisser à la fin de ce tome.

En bref, ce dernier tome de La symphonie du hasard nous emmène jusque dans les années 1980, avec le début du sida, et les débuts d’Alice dans le métier d’éditrice. C’est aussi un tome décisif dans les relations familiales des Burns. Les personnalités se dévoilent…

 

 

 

 

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