Les Orphée – Eric Metzger

Le temps lui échappait, l’avenir aussi bien que le présent. Quant au passé, il lui courait après, sans jamais l’atteindre vraiment. Il se sentait en dehors de tout, comme expulsé ; le monde auquel il faisait face ne l’intéressait plus.

les orphéeLes Orphée, Eric Metzger
Editions Gallimard, collection L’Arpenteur, 2018

Présentation éditeur :

Un jour, Louis, trentenaire à la vie monotone, achète un vieux téléphone dans une brocante. Une fois chez lui, alors qu’il s’amuse à le tester, Louis découvre que son nouvel appareil est en réalité une machine à téléphoner dans le passé. Grâce à celle-ci, il parvient à joindre son père, pourtant défunt depuis des années. Le téléphone pourra-t-il empêcher la disparition de ce dernier ?

Un soir, Orphée décide de partir à la recherche d’Eurydice. Malheureusement, il ne connaît rien d’elle, ne sait pas du tout à quoi elle ressemble : elle est un fantasme impossible, une lumière au bout d’un couloir sans fin. Tout ce qu’il espère finalement, c’est qu’une fois dans ses bras, il trouvera enfin la paix. L’enfer d’Orphée, c’est la nuit, les soirées, l’alcool, les souvenirs. Il l’arpente, guidé par le fidèle Virgile, et dévore les cercles nocturnes les uns après les autres, remplis de nymphes et de démons : Eurydice où es-tu ?

Louis et Orphée, le jour et la nuit, chacun poursuivant une chimère. Jusqu’où la folie peut-elle les conduire ?

***

Louis a trouvé dans une brocante un vieux téléphone. Un de ceux à cadran rond. Un téléphone pour remonter le temps ? Surprenant mais via ce vieil objet il communique avec son père mort il y a une vingtaine d’années.

Louis n’avait jamais cru à ces histoires. Pas de Paradis, pas d’Enfer, juste le rien une fois la vie terminée. Comment était-ce possible alors ? Trois fois ! Trois fois il avait réussi à lui parler, quelques secondes à peine soit, mais tout de même ! Le téléphone possédait-il des propriétés magiques, à l’image de ce que l’on pouvait voir dans les films fantastiques ?

Orphée est à la recherche de son Eurydice. La parfaite. Celle qu’il imagine dans sa vie rêvée. Une chimère ? Peu importe, chaque nuit, il sillonne Paris pour la trouver. Alcools, délires, rien n’est jamais assez pour toucher le but.

Si Orphée aime, c’est un conditionnel (attention, lu à voix haute, c’est trompeur). Il a aimé parce qu’on l’aimait, et ça Orphée n’en veut plus, c’est décidé. Il choisira. Ce sera son Eurydice. Celle avec qui il pourra tout. Être l’enfant, l’adulte, le vieillard. Partir à travers les mers voyager des années, construire des cabanes, cambrioler des bijouteries, sauter sur des lits, escalader des grilles de parc la nuit, et tout un tas de trucs qu’il doit encore bricoler.

Une chose est sûre, Louis et Orphée n’ont chacun qu’une seule idée en tête. Leurs quotidiens tournent autour de celles-ci. Jusqu’à l’obsession. Jusqu’à la folie. Jusqu’à la déconnexion. Dénouer le vrai du faux. Le rêve de la réalité. Qui rêve ? Le lecteur ou les personnages ?

Il aurait mieux fait de lui expliquer qu’il crache au visage des autres ce qu’il a envie qu’on lui dise, mais Orphée est un personnage. Et un personnage, ça joue son rôle ou ça crève. Et pour l’instant, Orphée est vivant.

Avec les Orphée, Eric Metzger nous entraîne dans un drôle de récit. Pour peu que l’on adhère à l’originalité de l’histoire et du style, on est complètement immergé dans les mondes de Louis et d’Orphée. Ils sont des originaux. Assez asociaux dans leurs genres. Mais ils ont de la suite dans leurs idées.

Orphée éclate de rire. Ce n’est pas Béatrice qu’il veut. On confond tout ici.

Louis ne baisse pas les bras dans son idée de sauver son père de sa crise cardiaque. Orphée observe les gens de la nuit. Et envoie promener ceux qui ne le comprennent pas. Ses amis n’en sont pas vraiment. Ils sont des pions sur son chemin. Dans sa quête d’Eurydice. Dialogues de sourds. Tous les deux ne comprennent pas les autres et personne ne les comprend. Ils sont déconnectés de leur entourage et de la société. Personne n’arrive à les suivre, mais eux continuent d’avancer.

J’ai tourné les pages, fascinée et envoûtée par l’écriture et par l’imagination d’Eric Metzger. Tout semble tellement irréel et pourtant si vrai à la fois. C’est fantastique. C’est fou. C’est drôle aussi. J’ai cru avoir absorbé de la drogue à mon insu tant j’avais l’impression de voler au-dessus des pages. Tour d’illusion réussi, je me suis laissée prendre au jeu. Même si j’avais deviné le dénouement.

En bref, Les Orphée est un court roman particulièrement original, une sorte d’ovni littéraire. Comme un voyage délirant dans deux mondes parallèles. A lire si vous n’avez pas peur de vous perdre dans les mots d’Eric Metzger. Ou si vous voulez atteindre un état de délire sans absorber de substances illicites.

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