Le meurtre du Commandeur, livre 1 : une Idée apparaît – Haruki Murakami

Le seul problème, c’est que je ne sais pas où est l’intéressé. S’il est absent, comment pourrais-je l’inviter ?
— En effet, dis-je. Mais la réalité ne se limite pas à ce qui est visible. N’est-ce pas ? »

[…]

Entendre le silence – ce n’était pas un jeu de mots. Sur une montagne isolée, même le silence possède un bruit. Posté à côté de la porte, je tendis l’oreille un instant à ce bruit-là.

Murakami 1

Le meurtre du Commandeur, livre 1 : Une Idée apparaît, Haruki Murakami, Belfond, 2018

Présentation éditeur :

Peut-être un jour serais-je capable de faire le portrait du rien. De la même façon qu’un peintre avait été capable de dessiner Le Meurtre du Commandeur. Mais il me faudrait du temps avant d’y parvenir. Je devais faire du temps mon allié.
Quand sa femme lui a annoncé qu’elle voulait divorcer, le narrateur, un jeune peintre en panne d’inspiration, a voyagé seul à travers le Japon. Et puis, il s’est installé dans la montagne dans une maison isolée, ancienne propriété d’un artiste de génie, Tomohiko Amada. 
Un jour, le narrateur reçoit une proposition alléchante : faire le portrait de Wataru Menshiki, un riche homme d’affaires. Tandis que celui-ci pose comme modèle, le narrateur a du mal à se concentrer. Quelque chose chez Menshiki résiste à la représentation. 
Une nuit, il découvre un tableau dans le grenier, une œuvre d’une grande violence, le meurtre d’un vieillard, comme tirée du Don Giovanni de Mozart. C’est Le Meurtre du Commandeur. Cette peinture obsède le narrateur. Et des choses étranges se produisent, comme si un autre monde s’était entrouvert. À qui se confier ? À Menshiki ? Mais peut-il vraiment lui faire confiance ? 

Premier livre d’une œuvre exceptionnelle, dans la lignée du monumental 1Q84, un roman somme, ambitieux, profond. Deux tomes pour une odyssée initiatique étrange, inquiétante, envoûtante, où le maître Murakami dévoile ses obsessions les plus intimes.

***

Merci aux éditions Belfond pour cette lecture

***

Prenez un peintre quitté par sa femme. En grand manque d’inspiration. Le moment est venu de tout laisser derrière lui.
Une maison isolée. Mais pas n’importe laquelle, puisqu’il s’agit de celle d’un peintre célèbre au Japon.
Ajoutez un hibou, et un tableau caché dans le grenier de la maison.
Et surtout, une rencontre, avec un certain Menshiki ; un homme qui cultive le mystère et qui souhaite qu’il lui peigne son portrait.  Peu lui importe le résultat final, il lui laisse carte blanche.
Terminez avec une petite touche de fantastique et vous obtenez le dernier Murakami. Et une Idée vous apparaîtra.

Je sentais que le tourbillon qui m’entourait gagnait graduellement en force et en vitesse. Et que je ne pouvais plus revenir en arrière. Il était déjà trop tard. Et ce tourbillon était infiniment muet. Son silence anormalement parfait me terrifia.

Dès le prologue, on est happé par le sujet artistique de ce roman. Un homme sans visage qui souhaite qu’on peigne son portrait. Face à lui, un peintre complètement déstabilisé et dans l’impossibilité présente de répondre à cette demande. Il n’en faut pas plus pour avoir envie de connaître la suite.

Plus la curiosité est pure, plus elle est forte. Elle nous coûte donc plus ou moins cher.

Le premier livre de ce nouvel opus de l’écrivain japonais est dans la veine de ses autres livres que j’ai tellement aimés : 1Q84, Kafka sur le rivage, Les chroniques de l’oiseau à ressort. On y retrouve tout ce qui fait l’originalité de ses écrits. Des personnages mystérieux qu’on a envie de mieux connaître, des décors qui laissent place à l’imagination. Des réflexions qui nous interrogent sur nous même et sur l’existence en général. Sans jamais porter de jugement, juste pour amener à approfondir. Une intrigue assez simple au premier abord, mais bien plus complexe au fil des pages. Et un peu de fantastique avec l’incarnation de l’Idée.

La question réside dans la capacité ou non de considérer une Idée comme une entité autonome, c’est ce que vous voulez dire ?

Le rythme de ce roman est somme tout assez lent, c’est plutôt contemplatif, mais cela n’est pas dérangeant. On avance dans la réflexion au fil des pages. On ressent l’évolution de ce narrateur qui n’est jamais nommé et qui cherche à vivre passionnément dans son domaine artistique. Il est désormais seul, n’a plus à satisfaire la société et entrer dans la norme. Il peut enfin se laisser aller à peindre selon son inspiration et non plus pour répondre à des commandes formelles.

Si ardente que soit la volonté, quelle que soit la nature de l’élancement qu’on ressent au fond de soi, toute chose a besoin d’un commencement concret.

J’ai lu dans le dernier magazine Lire (double numéro de décembre 2018-janvier 2019) que ce dernier roman avait été censuré au Japon. Les scènes de sexe ont été jugées indécentes Alors il est vrai qu’il y en a quelques unes. Mais pour ma part cela ne m’a pas dérangée. C’est un motif récurrent des romans de Murakami. Ces scènes permettent finalement au narrateur d’approfondir sa réflexion.

C’est comme si tu essayais de faire flotter une passoire sur l’eau, avait dit le Commandeur. Faire flotter sur l’eau un truc plein de trous, c’est absolument catégoriquement impossible pour quiconque.

Le meurtre du Commandeur, livre 1 : Une Idée apparaît est un très bon roman que je conseille sans hésitation aux amateurs de Murakami. Vous y retrouverez sa plume, et son imagination originale. Ainsi qu’un héros assez quelconque mais très attachant. Un roman dont les pages se tournent très vite malgré la lenteur de l’intrigue. Il me tarde maintenant de lire le tome 2.

Allons donc, c’est simple comme bonjour, vrai ? dit quelqu’un.
Cette voix, je l’entendis clairement. Ce n’était pas une voix forte, mais elle portait bien. Sans aucune ambiguïté. Ni aiguë ni basse. Et puis il semblait que je l’avais entendue juste au creux de l’oreille.

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