Pardonnable, impardonnable – Valérie Tong Cuong

Parfois, les mots qui se bousculent sont si nombreux qu’ils créent au bord des lèvres un embouteillage impossible à endiguer.
Parfois, la confusion est telle qu’on devient incapable d’identifier la nature des sentiments qui nous habitent.
Parfois, la vie semble nous prendre par le cou et nous précipiter contre un mur de béton – au cas où les messages envoyés précédemment n’auraient pas été parfaitement assimilés.

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Pardonnable, impardonnable, Valérie Tong Cuong
JC Lattès, 2015 – J’ai lu, 2016

Résumé éditeur :

Un après-midi d’été, Milo, douze ans, fonce à vélo sur une route de campagne. L’ivresse de la descente, un virage, et c’est la chute.

Tandis que l’enfant se bat pour sa vie, c’est toute sa famille qui vole en éclats. Milo était censé réviser ses cours d’histoire. Que faisait-il sur cette route ? Chacun cherche le coupable, mais personne n’est innocent.

Dans ce ballet des aveux où défilent ses parents, Céleste et Lino, son indéchiffrable grand-mère Jeanne et sa jeune tante Marguerite, se dessinent peu à peu les mensonges, les rapports de force et les petits arrangements qui cimentent cette famille. L’amour que tous portent à Milo suffira-t-il à endiguer la déflagration ?

Un roman vibrant qui explore avec justesse nos cheminements vers le pardon.

Après l’Atelier des miracles (traduit dans une dizaine de langues), Valérie Tong Cuong signe avec Pardonnable, Impardonnable son dixième roman.

***

Je n’avais pas tellement aimé l’Atelier des miracles, mais j’ai trouvé ce livre chez ma sœur, et j’ai eu envie de retenter avec Valérie Tong Cuong.

J’ai ouvert Pardonnable, impardonnable sans savoir quel en était le sujet. J’ai découvert un roman choral découpé en cinq parties : le temps de la colère, le temps de la haine, le temps de la vengeance, le temps de l’amertume et le temps du pardon. Tour à tour, Céleste la mère, Lino le père, Jeanne la grand-mère et Marguerite la tante nous livrent leurs sentiments sur leurs vies, mais surtout sur le drame qui vient de se produire. Parce que sans le drame qui vient de fracasser leur vie, les secrets seraient toujours enfouis.

Le drame, c’est l’accident dont a été victime Milo, le fils de Céleste et Lino. Il jouait à faire la course avec Marguerite, à vélo. Mais la chute a été violente et les conséquences très graves.

Il aura fallu que mon fils se brise pour que volent en éclat les apparences.

Qui est coupable de ce qui est arrivé ? La question est complexe, et les réponses seront nombreuses. Il n’y en a pas qu’une. Chacun des protagonistes a un rôle à jouer dans ce drame, même s’ils étaient absents lors de l’accident. Marguerite n’est pas la seule responsable.

Chacun leur tour, les membres de la famille de Lino reviennent sur leur passé, décortiquent leurs relations familiales. Tout n’est qu’apparence et manque d’amour dans cette famille. Ils ne savent pas s’aimer, simplement. La communication est difficile. Les non-dits nombreux. Derrière les apparences, il ne sont pas heureux.

J’entends d’ici les clics des machines, les ronflements, j’entends des coups de hache, j’entends la guillotine, j’entends la possibilité d’un monde qui s’écroule.

Valérie Tong Cuong épluche le fonctionnement de cette famille couche après couche. De la colère au pardon. Dans ce roman, elle analyse les dysfonctionnements d’une famille qui tombe le masque au fil des pages. Pardonnable, impardonnable ? L’accident de Milo est l’élément déclencheur de la remise en question de chacun. L’auteure incite ses personnages à s’interroger sur eux-même et sur leurs relations aux autres. Elle avance dans son cheminement grâce aux cinq grandes parties. Les personnages font un travail sur eux-même et on ressent leur évolution au fil des pages.

Elle était là, la vérité.
En résumé, il fallait se garder de se réjouir quels que soient les discours réconfortants.
Ne pas se fier aux apparences.
Les ennuis, les vrais, apparaîtraient plus tard. L’incendie était déclaré.

En bref, Pardonnable, impardonnable est l’analyse psychologique d’une famille aux relations dysfonctionnelles, dont les non-dits et les mensonges sont la base de chaque rapport. Cette mauvaise communication est la source de la souffrance silencieuse de chacun. La surenchère de malheurs a cependant un peu gâché mon plaisir de lecture. Mais cette nouvelle lecture m’aura donné envie de continuer à découvrir Valérie Tong Cuong.

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