Fils de dragon, Pearl Buck

Cependant, au dessus de leur chagrin, le ciel s’étendait immuable, le soleil brillait, la lune se levait et se couchait, les étoiles étaient à leur place, les nuages apportaient la pluie, et à l’hiver succéda un printemps précoce, et la vie continua, et leur vie continua.

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Fils de dragon, Pearl Buck, Archipoche, 2018

Résumé éditeur :

1937. Le fermier Ling Tan mène une vie humble rythmée par les travaux des champs et les coutumes de son village, lorsque les forces japonaises prennent pied sur la terre chinoise. Ling pense qu’en restant dociles et conciliants les civils n’auront rien à craindre. Las ! L’envahisseur ravage le pays et installe un gouvernement fantoche au service des intérêts nippons. Au péril de leur vie, les villageois décident d’organiser la révolte, quitte à rompre leur vœu de non-violence. Et Ling Tan, qui n’éprouvait qu’un attachement matériel à ses récoltes, sent grandir en lui son amour pour la patrie. Lorsque son fils Lao Er et sa jeune femme quittent la ferme pour prendre les armes, c’est un nouveau chapitre d’une histoire millénaire qui s’ouvre…

Ce roman, adapté au cinéma avec Katherine Hepburn, fut en 1942 la première œuvre de fiction à dépeindre la résistance en Chine occupée. Pearl Buck a mis beaucoup d’elle-même dans le personnage de la missionnaire chrétienne qui tente de protéger les jeunes Chinoises des appétits de l’ennemi. Elle y décrit avec force les horreurs de la guerre, mais aussi la sagesse née de la proximité avec la terre nourricière.

***

J’ai découvert Pearl Buck à l’adolescence, quand ma grand-mère m’a mis dans les mains les fameux Pivoine et Vent d’est, vent d’ouest. J’ai adoré, lu et relu passionnément ces deux livres. C’est donc tout naturellement que je me suis intéressée à cette réédition de Fils de dragon dans la collection Archipoche. Je remercie Mylène pour cet envoi.

Fils de dragon s’ouvre sur une scène de la vie ordinaire dans la Chine d’avant-guerre. On  y fait la connaissance de Ling Tan et de ses fils alors occupés aux travaux des champs. Dans la famille de Ling Tan, on ne sait pas lire (seule Jade, l’épouse de son deuxième fils est lettrée), on vit simplement, au rythme des récoltes et des naissances. Jusqu’à ce que l’ennemi vienne perturber leur vie paisible. Face à l’horreur, il va falloir agir et prendre des décisions. Lao Er et Jade seront les premiers à vouloir partir et agir pour leur pays.

Cependant, nous ne devons jamais oublier que la paix seule est juste. Les jeunes ne peuvent pas se le rappeler. C’est à nous de nous en souvenir et de leur enseigner que la paix est la nourriture de l’homme.

Dans ce roman, les personnages sont tous différents et très travaillés : il y a les guerriers, les résistants, les sensibles, les traîtres, les intéressés, les naïfs, les raisonnables… Comme dans chacun de ses romans, Pearl Buck fait évoluer ses personnages au fil des pages. On les sent grandir, mûrir. Les obstacles et épreuves que la vie leur fait traverser les forgent ou les perdent. Dans le contexte de cette Chine envahie par les japonais, ils vont être confronté au pire et certains ne s’en relèveront pas ou ne seront plus jamais les mêmes. Mais pour la plupart, c’est l’espoir d’une vie meilleure qui les guide au quotidien, dans leurs actes plus ou moins bons.

L’espoir doit sortir de nous-même, sinon ce n’est pas l’espoir, mais un rêve.

Le personnage de la missionnaire étrangère bien intégrée en Chine est un élément clé de ce roman. Les villageois lui font confiance et lui confient femmes et enfants pour les protéger de la violence de l’envahisseur. Je regrette cependant que ce personnage n’ait pas eu une plus grande place dans ce récit. Peut-être une volonté de l’auteure de ne pas s’impliquer trop dans le récit, puisqu’il est vrai qu’on fait assez vite le rapprochement entre cette femme et Pearl Buck elle-même.

Et justement, Pearl Buck donne une grande place aux femmes dans son œuvre. Dans Fils de dragon, il y a de nombreux personnages féminins. On y retrouve les grandes figures de l’épouse, de la mère, de la grand-mère, de la sœur. Au premier abord, les femmes semblent passer après les hommes dans le fonctionnement familial. Mais très vite, on se rend compte que dans la famille de Ling Tan, les femmes sont écoutées, et leur avis compte pour beaucoup dans les choix familiaux. Les femmes sont courageuses et les hommes les respectent.

Ce roman a été un beau moment de lecture pour moi. D’emblée, j’ai retrouvé la plume de Pearl Buck que j’aime tant. J’ai voyagé dans le temps et dans l’espace me retrouvant au côté de la famille de Ling Tan. Pearl Buck nous peint un tableau très réaliste de la Chine en conflit contre l’envahisseur.  Elle nous décrit les paysages, les habitations, les villages, et les traditions comme si nous y étions. Les dialogues entre les personnages sont aussi très intéressants. On y retrouve le mode de pensée de l’époque, ainsi que des petites expressions rigolotes.

J’aime mieux le livre défraîchi de votre voisin qu’un livre neuf acheté chez vous, après ce que vous m’avez dit ce matin, espèce d’œuf de tortue !

Fils de dragon n’est pas mon roman préféré parmi tous les livres de Pearl Buck que j’ai pu lire, mais on y retrouve tout ce qui fait le charme de ses histoires. Le contexte historique rend ce roman extrêmement intéressant, mais attention certaines scènes sont assez violentes. Un livre que je vous conseille sans hésiter si vous souhaitez voyager dans la Chine des années 1930-1940.

Fils de dragon couv

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